Pendant un temps, on a toutes essayé d’être cette fille. Celle qui boit de l’eau citronnée au réveil, qui médite avant même d’ouvrir ses mails, qui possède une trousse de maquillage minimaliste et un intérieur qui sent la lavande. La « clean girl ». Lisse, fraîche, disciplinée. Elle a régné en maître sur nos feeds.
Mais soyons honnêtes : c’est épuisant. Et surtout, c’est rarement vrai.
À mesure que les vidéos de morning routines parfaitement chorégraphiées ont commencé à nous donner des sueurs froides, une autre figure a doucement refait surface. Celle de la fille qui vit un peu à côté. Celle qui reste elle-même, envers et contre les tendances. Celle qui vit intensément et laisse des traces partout où elle passe.
Le look comme langage, pas comme camouflage
Le maquillage de la messy girl n’obéit à aucune règle fixe. Un jour, elle ose un rouge à lèvres audacieux — bordeaux profond, orange brûlé, violet inattendu — porté sans crayon, sans retouche, parfois même sans miroir. Le lendemain, elle se contente d’un simple trait de crayon brun, estompé du bout des doigts.
Ce n’est pas une question d’effort, mais d’alignement avec son humeur. Le maquillage n’est pas là pour corriger ni pour séduire, mais pour traduire une énergie. Chez elle, un bold lip n’est pas une finition, c’est un point de départ. Et un visage presque nu n’est jamais un oubli : c’est un choix.
Le messy girl look repose sur cette liberté essentielle… celle de ne pas avoir à justifier ses contrastes.

Porter plus pour être pleinement soi
Chez la messy girl, les accessoires ne sont pas des ajouts. Ils font partie d’elle. Une paire de créoles épaisses, un sac cabas trop usé, un bracelet en tissu noué depuis des mois… Rien n’est décoratif, tout est vécu.
Ce qu’elle porte ne complète pas son look, ça prolonge sa présence. Il n’y a pas de frontière nette entre elle et ce qu’elle choisit de mettre sur elle. Les objets deviennent des extensions de ses gestes, de ses humeurs, de ses souvenirs. Le maximalisme n’est pas une stratégie stylistique, c’est une manière d’habiter l’espace avec tout ce qu’elle est.
La messy girl n’est pas une tendance
Être une messy girl, c’est refuser de lisser ce qui déborde. C’est faire du style un territoire de liberté, où l’expression de soi prime sur la cohérence attendue. Qu’elle opte pour un rouge à lèvres vif ou un simple trait de crayon, des accessoires colorés ou volontairement trop imposants, elle ne cherche pas à entrer dans une case.
Elle compose avec elle-même, au jour le jour. Être une messy girl, ce n’est pas revendiquer le chaos. C’est assumer la complexité. Affirmer qu’on peut être multiple, mouvante, imparfaite… et que c’est précisément là que réside la force.




